« Livre sur la Nativité de Marie »
Extrait de « Les Évangiles apocryphes », Aurelio de Santos Otero (1956)
Aurelio de Santos Otero dit :
« Il s’agit d’une refonte abrégée du Ps. Mt. [Pseudo-Matthieu] Au Moyen Âge, cette œuvre apocryphe était attribuée à saint Jérôme dans son Histoire Joachim et Annae. On le retrouve encore aujourd’hui parmi les œuvres du saint Docteur (PL 30,297-305). Il faut chercher la cause de tout cela dans la lettre de saint Jérôme à Chromace et à Héliodore, qui, comme nous l’avons dit à propos du Ps. Mt._, se retrouve dans de nombreux manuscrits comme prologue du De nativitate Mariae.»
« Le style est plus délicat et élégant que l’original. En revanche, son exégèse biblique, assez avancée, montre des influences de docteurs tels que Bède († 733) ou Alcuin († 804). Tout cela nous donne des raisons de conclure avec Amann (p. 108) que l’auteur devait être contemporain de Charlemagne (IXe siècle). Il a éliminé du récit tout ce qui pouvait heurter la mentalité de son temps : le premier mariage de Joseph, l’épreuve des eaux amères, la macabre constatation de Salomé, etc. Il clarifie certaines conceptions hésitantes de ses prédécesseurs : par exemple, concernant le lien qui unit Marie et Joseph, il n’hésite pas à le décrire comme un véritable mariage et le distingue conceptuellement et temporellement des fiançailles. En général, il montre une dévotion plus délicate à la Sainte Vierge.
« Il a été inclus dans son intégralité dans la Legenda aurea de Jacobo de Voragine. »