En 1915, lors de la parution de la première édition de ce manuel, l’auteur avait déjà dix ans d’expérience dans l’enseignement de la géologie historique à l’École scientifique de Sheffield de l’Université Yale. Dès lors, il continua de s’intéresser à la discipline, qu’il enseigna jusqu’en 1920, et annota presque quotidiennement son exemplaire de la première édition pour y intégrer les nouvelles découvertes publiées. Il devint rapidement difficile de déterminer quels éléments supprimer afin de ne pas contraindre l’ouvrage à s’adresser aux débutants en géologie plutôt qu’aux géologues confirmés. Certains enseignants dispensent le cours de géologie historique en 15 heures, la plupart y consacrent entre 28 et 35 heures, et l’on observe actuellement une forte tendance à étendre les cours magistraux et les travaux pratiques à 45 heures. De plus, le fait que de nombreux étudiants américains suivant un cursus annuel de géologie n’aient aucune formation en zoologie ou en botanique rend nécessaire l’inclusion, même brève, d’une description des structures fondamentales des plantes et des animaux. Afin de résoudre le dilemme posé par ces besoins divers, l’auteur, après avoir consulté de nombreux enseignants de nos universités, a opté pour une approche plus exhaustive que la simple suppression d’éléments. En conséquence, cette nouvelle édition compte environ 80 pages supplémentaires. Pour un cours de 45 heures, la longueur du livre est optimale, et l’on suppose que les enseignants des cours plus courts sauront mieux identifier les passages à supprimer.
La géologie historique est une discipline des plus fascinantes, car elle englobe non seulement l’histoire physique de la Terre depuis son origine solaire, mais aussi l’apparition et l’évolution ordonnées de toute vie. Elle est donc autant une science biologique qu’une science géologique, rassemblant en un tout cohérent des données issues de sources aussi diverses que la géologie structurale et stratigraphique, la paléontologie, la biologie, l’océanographie et l’astronomie. Et peut-être plus que toute autre branche des sciences géologiques, la géologie historique ouvre la voie à la philosophie, dans la recherche du sens caché derrière le récit qu’elle relate.
En raison de son application pratique au bien-être de l’homme, la zoologie tend à reléguer la géologie historique au second [ p. iv ] plan.
Les géologues ne devraient pas laisser cela se produire, car la géologie historique démontre que l’homme est « le parangon des animaux, l’apogée de l’évolution », et tous ceux qui s’imprègnent de cette science seront amenés à élaborer leur propre philosophie du bonheur. S’il est impossible de dispenser un cours complet de géologie historique, il devrait au moins occuper une place aussi importante que possible dans le programme scolaire.
Les documents sur lesquels repose cet ouvrage proviennent de sources si nombreuses et si essentielles qu’ils font désormais partie intégrante du bagage de connaissances de l’auteur, qu’il est difficile de les citer intégralement. Les traités et ouvrages généraux bien connus de Dana, Suess, LeConte, Chamberlin et Salisbury, Scott, Grabau Cleland, Coleman et Parks, Geikie, Kayser, Walther, Neumayr Credner, Jukes-Browne, Lapparent et Haug constituent évidemment les principales sources. Ont également été d’une grande utilité les ouvrages plus généraux de paléontologie de Zittel-Eastman, Osborn, Scott et Williston ; les ouvrages de zoologie de Thomson, Parker et Haswell, Lull et Weysse ; les travaux sur l’homme de Sollas, Keith, Hxixley et Osborn ; et les historiens de Zittel, Geikie et Merrill. Les traités d’océanographie de Krümmel, Murray et Hjört, et Johnstone ; l’astronomie telle que présentée par Hale, Abbot et Moulton ; les travaux de Clarke sur la géochimie ; et, pour la stratigraphie, le remarquable et exhaustif Index de Willis. Des articles et des ouvrages traitant de domaines plus spécifiques ont été inclus dans la bibliographie « Lectures complémentaires » à la fin de chaque chapitre, une nouveauté de cette édition. Enfin, la richesse des données et des illustrations contenues dans les publications de l’United States Geological Survey, du Geological Survey of Canada et des services géologiques des États de New York, du Maryland, de l’Illinois, de l’Ohio, de l’Indiana, du Minnesota et d’autres États a été largement exploitée.
L’auteur tient également à exprimer sa profonde gratitude au United States Geological Survey et au professeur Bailey Willis pour leur précieuse contribution à la réalisation de la carte géologique de l’Amérique du Nord qui accompagne l’ouvrage.
Pour la préparation de cette édition, comme pour la précédente, l’auteur a bénéficié du précieux concours des regrettés professeurs Louis V. Pirsson et Joseph Barrell, ainsi que de ses collègues, les professeurs Herbert E. Gregory et Richard S. Lull. Il adresse des remerciements particuliers à son associé, le docteur Carl O. Dunbar, dont l’enseignement du sujet lui a permis de formuler des critiques constructives sur l’ensemble de l’ouvrage. Le professeur C.K. Leith du Wisconsin, le professeur Adolph Knopf de Yale, le docteur Willet G. Miller de Toronto et le directeur W.H. [ p. v ] Collins de la Commission géologique du Canada ont grandement contribué à l’amélioration des chapitres consacrés à l’Archéozoïque et au Protérozoïque. Il remercie également ses amis, les docteurs T.W. Stanton et W.T. Lee, pour leur aide précieuse dans les chapitres sur le Mésozoïque, John M. Clarke pour son aide à divers endroits, et George Grant MacCurdy pour ses critiques du chapitre « Oh Man ». Le professeur L. G. Westgate a formulé de précieuses suggestions à de nombreux égards, et nous devons beaucoup au docteur A. K. Lobeck pour son esprit de coopération et son talent à représenter la physiographie sur six cartes paléogéographiques, une autre innovation de cette édition.
La plupart des dessins à la plume sont l’œuvre de M. William Baake, les autres du docteur Stanley C. Ball et de Mlle Lisbeth B. Krause. L’auteur tient également à remercier les maisons d’édition Macmillan, Scribner’s, Ginn and Company et Putnam pour le prêt de leurs illustrations.
L’auteur tient à exprimer sa gratitude particulière à Mlle Clara Mae LeVene pour son aide inlassable dans les deux éditions de ce livre, ainsi que dans la seconde édition de la première partie.
Enfin, l’auteur souhaite exprimer sa reconnaissance envers la Technical Composition Company pour son savoir-faire et sa patience dans la préparation de l’ouvrage pour l’impression, ainsi qu’envers Wiley and Sons pour leur aide et leur courtoisie lors de la préparation et de la publication des deux éditions.
CHARLES SCHUCHERT
Musée Peabody de l’Université Yale, New Haven, Connecticut,
Août 1923