La lettre arriva à Rome et fut lue à César en présence de nombreuses personnes. Et ils furent tous étonnés d’apprendre que, à cause du crime de Pilate, les ténèbres et un tremblement de terre avaient frappé toute la terre. Et César, furieux, envoya des soldats et ordonna de faire prisonnier Pilate.
Ayant été conduit à Rome et informé de son arrivée, César s’assit dans le temple des dieux à la tête du sénat, accompagné de toute la force militaire et de la multitude qui composait ses forces. Il ordonna alors à Pilate de s’avancer devant lui et de rester debout. Et il lui dit alors : « Pourquoi as-tu eu l’audace de faire de telles choses, monstre d’impiété, après avoir vu des prodiges comme ceux que l’homme a accomplis ? En osant commettre une telle infamie, tu as amené la ruine sur l’univers entier.
Mais Pilate répondit : « Ô Empereur, je ne suis pas coupable de cela ; les instigateurs et les responsables sont la foule juive. » César dit : « Et qui sont-ils ? » Pilate répondit : « Hérode, Archélaüs, Philippe, Anne, Caïphe et toute la multitude des Juifs. » César répondit : « Et pourquoi as-tu soutenu leur plan ? » Pilate dit : « Votre nation est rebelle et indisciplinée ; ne se soumet pas à votre empire. César répondit : « Dès que tu l’as livré, tu aurais dû le mettre en lieu sûr et me l’envoyer, et ne pas te laisser persuader de crucifier un homme comme celui-ci, qui était juste et qui a fait de si bons miracles, comme tu le dis dans ton rapport. Car de tels signes démontraient clairement que Jésus était le Christ, le roi des Juifs.
Et, dès que César eut dit cela, lorsqu’il prononça le nom du Christ, toute l’armée des dieux s’effondra et fut réduite à une sorte de nuage de poussière qui remplit la salle où César était assis, accompagné du sénat. Et le peuple qui était en présence de César fut tout terrifié lorsqu’il entendit le nom prononcé et devant la chute de ces dieux ; v, vaincus par la peur, chacun rentra chez lui, rempli d’admiration pour ce qui s’était passé. César ordonna alors que Pilate fût placé sous étroite surveillance, afin qu’il puisse connaître la vérité sur ce qui concernait Jésus.
Le lendemain, César se réunit au Capitole avec tout le Sénat et proposa d’interroger à nouveau Pilate. César dit alors : « Dis la vérité, monstre d’impiété, car, par l’acte impie que tu as commis contre Jésus, ta mauvaise conduite est venue se révéler ici par le fait que les dieux sont tombés. Dis-moi donc, qui est ce crucifié, puisque son nom a provoqué la chute même de tous les dieux ? » Pilate répondit : « Ce qu’on dit de lui est vrai. Moi-même, ayant vu ses œuvres, j’ai été convaincu que cet homme était supérieur à tous les dieux que nous adorons. » César demanda alors : « Comment as-tu donc eu l’audace de lui faire cela, toi qui le connaissais comme tu le savais ? Ou complotais-tu quelque chose contre mon empire ? » Mais Pilate répondit : « J’ai fait cela à cause de l’iniquité et de la rébellion de ces Juifs sans loi et sans Dieu. »
César, alors enragé, commença à délibérer avec tout le sénat et son armée. Et il ordonna qu’un édit soit écrit contre les Juifs, dans ce sens : « À Licianus, gouverneur de la province orientale, salut. J’ai eu connaissance de l’acte audacieux et illégal qui a eu lieu à notre époque de la part des Juifs qui vivent à Jérusalem et dans les villes environnantes, au point qu’ils ont forcé Pilate à crucifier un certain dieu appelé Jésus, un crime si horrible qu’à cause de lui l’univers, obscurci, allait être entraîné dans la ruine. Ayez donc bon courage, présentez-vous à eux en toute hâte, bien équipé de forces, et déclarez l’esclavage par cet édit. Obéissez à l’ordre de les attaquer et de les disperser à travers le monde ; les réduire en esclavage parmi toutes les nations ; Et, après avoir expulsé de toute la Judée même la plus insignifiante relique de leur race, faites en sorte que même celle-ci n’apparaisse pas, remplie comme elle l’est de mal.
Lorsque cet édit parvint en Orient, Licianus obéit à la terrible teneur de l’ordre et livra la nation entière des Juifs à l’extermination ; et ceux qui étaient restés en Judée, il les jeta dans la dispersion des nations pour être esclaves ; On apprit alors ce que Licien avait fait contre les Juifs en Orient, et il en fut satisfait.
Et César se mit de nouveau à juger Pilate. Il ordonna alors à un chef nommé Albius de lui couper la tête, en disant : « De même que cet homme a levé la main sur ce juste appelé Christ, de même cet homme tombera sans miséricorde. »
Mais Pilate, arrivé au lieu indiqué, se mit à prier ainsi en silence, disant : Seigneur, ne me perds pas parmi les méchants Hébreux ; car je n’aurais pas levé la main sur toi, si ce n’eût été le peuple des méchants Juifs, qui s’est révolté contre moi ; mais tu sais que j’ai agi sans le savoir. Alors, ne me perds pas pour ce péché, mais sois bon envers moi, Seigneur, et envers ta servante Procla, qui est à mes côtés en cette heure de ma mort, que tu as daigné désigner comme prophétesse de ta future crucifixion. Ne condamne pas celui-ci aussi pour mon péché, mais pardonne-nous et compte-nous parmi tes élus.
Et voici, lorsque Pilate eut achevé sa prière, une voix vint du ciel, qui disait : Les générations et les patries des nations te diront bienheureuse, car en ton temps se sont accomplies toutes ces choses qui ont été dites de moi par les prophètes. et tu paraîtras comme témoin à mon second avènement, lorsque j’irai juger les douze tribus d’Israël et ceux qui n’auront pas confessé mon nom. Et le préfet secoua la tête de Pilate, et voici, un ange du Seigneur reçut la chose. Et lorsque Procla, sa femme, vit l’ange qui venait pour prendre sa tête, elle fut remplie de joie, et rendit l’esprit à l’instant même, et fut ensevelie avec son mari.